De l'encre
DE L'ENCRE
Ils sont des tigres de papiers
Mais nous sommes des hommes de lettres
Et l'encre s'écoule, envahit
Se glisse dans leurs pores
Nous leur tirons des cartouches chinoises
Des balles indélébiles
Tâches sur l'imposture
Et l'encre troue leur peau de mensonges
Nous dégradons leurs images
Sur les murs, nous souillons leurs visages,
Étalons la peinture, et les feutres,
Sur leurs tronches de bétails
Qu'ils saignent ! Qu'ils souffrent !
Les anéantisseurs de conscience
Que la sueur perle, de nouveau, leur front
Et que l'encre empoisonne leur sang
Il est temps d'exploser leurs artères, leurs réseaux
De l'encre sale, noire, sur le drapeau
De l'encre, de l'encre
Des munitions
Que la catastrophe se fasse de mots
De corps d'encre
Que la violence du langage s'écrive
Crachats grisâtres
Le sens de la colère retrouvant celui
De l'histoire
L'essence enflammant les véhicules
Et les journaux
Des flammes pour les icônes du marketing
Notre encre bouillonnant au juste farenheit
Le message ira, à travers les rues
Telle une trainée de napalm
La vie congelée par leur culture de masse
Criblée des pointes venimeuses
Des rotatives de tous les imprimeurs
De l'encre, de l'encre
Encore de l'encre
Des munitions
07/2010